Journal de mon parcours PMA : entre nouvelles pistes, examens rassurants et espoir

Depuis mon dernier article, beaucoup de choses ont évolué dans mon parcours de PMA. Certaines nouvelles ont été difficiles à encaisser, tandis que d’autres ont apporté un peu d’espoir.

J’ai choisi de continuer à partager ce chemin, parce qu’il reflète la réalité d’un parcours de fertilité après un cancer.


Une réserve ovarienne confirmée comme extrêmement faible

Mes derniers résultats biologiques sont tombés :

  • AMH : inférieure à 0,2 pmol/L
  • Inhibine B : inférieure à 5 pg/mL

Ces deux marqueurs confirment que ma réserve ovarienne est aujourd’hui extrêmement diminuée. Cette situation est probablement liée aux chimiothérapies intensives et à la greffe de cellules souches réalisées en 2014 pour traiter ma leucémie aiguë myéloïde.

Pour autant, ces résultats ne répondent pas à toutes mes questions. Ils ne permettent pas, à eux seuls, d’affirmer qu’une stimulation ovarienne est totalement impossible.

C’est précisément ce point que j’espère encore éclaircir avec l’équipe de PMA.


L’échographie : beaucoup de questions

Lors de ma dernière échographie pelvienne, le compte rendu mentionnait des ovaires involués.

Pourtant, quelques mois plus tôt, une autre échographie avait permis de visualiser mes deux ovaires et même quelques petits follicules.

Cette différence d’interprétation soulève de nombreuses interrogations. Lorsque les ovaires sont très petits, notamment en cas d’insuffisance ovarienne prématurée, ils peuvent devenir difficiles à visualiser à l’échographie.

J’attends désormais l’avis des spécialistes pour savoir si un essai de stimulation avec mes propres ovocytes reste médicalement envisageable.


Une nouvelle piste : le don d’ovocytes au Portugal

Après plusieurs échanges avec mon centre de PMA en France, le recours au don d’ovocytes est désormais présenté comme l’option offrant les meilleures chances de grossesse.

J’ai donc pris contact avec la clinique Ferticentro, au Portugal.

Une consultation en visioconférence est programmée afin que l’équipe puisse étudier mon dossier médical et répondre à mes questions.

J’ai également reçu leur devis, qui présente plusieurs formules de prise en charge :

  • Formule Standard : 7 950 € pour un minimum annoncé de deux blastocystes
  • Formule Premium : 9 050 € pour un minimum annoncé de trois blastocystes
  • Formule Exclusive : 12 950 € pour un minimum annoncé de cinq blastocystes
  • Formule Platinum : 19 990 €, selon les conditions prévues par la clinique

À ces montants peuvent s’ajouter plusieurs frais annexes, notamment :

  • Première consultation : 110 €
  • Congélation et conservation des embryons : environ 750 €
  • Transfert d’un embryon congelé supplémentaire : environ 1 650 €
  • Billets d’avion, hébergement, repas, médicaments et examens complémentaires

Le coût global d’un parcours au Portugal pourrait ainsi dépasser 10 000 € et atteindre environ 15 000 € selon la formule choisie, le nombre de déplacements et le nombre de transferts nécessaires.

Cette démarche représente un investissement financier considérable, mais elle constitue aujourd’hui une véritable possibilité de poursuivre notre projet parental.


Une demande de prise en charge auprès de la CGSS

J’ai décidé de déposer une demande auprès de l’Assurance Maladie afin de solliciter une autorisation préalable pour réaliser cette AMP au Portugal.

J’ai transmis à la CGSS le devis de Ferticentro et j’ai également demandé au Docteur Céleste Becquart un certificat médical justifiant le recours au don d’ovocytes.

Ce certificat devrait notamment rappeler :

  • mon antécédent de leucémie aiguë myéloïde ;
  • les traitements reçus en 2014 ;
  • mon insuffisance ovarienne prématurée ;
  • mes résultats hormonaux très faibles ;
  • l’indication médicale d’une FIV avec don d’ovocytes.

J’espère obtenir une prise en charge, au moins partielle, dans le cadre des soins programmés à l’étranger.

Je reste toutefois prudente, car une prise en charge à 100 % ne signifie pas forcément que la totalité du forfait privé portugais sera remboursée.

Le remboursement dépendra de la décision de la CGSS, de l’autorisation délivrée et des tarifs de référence retenus par l’Assurance Maladie.


Une excellente nouvelle : mon prélèvement vaginal est normal

Parmi tous ces examens, une bonne nouvelle est arrivée.

Mon prélèvement vaginal réalisé le 21 juillet 2026 est rassurant.

Les résultats montrent :

  • un microbiote vaginal normal ;
  • un score de Nugent de 1 ;
  • l’absence de vaginose bactérienne ;
  • l’absence de mycose ;
  • l’absence de leucocytes et donc de signe inflammatoire détecté ;
  • une recherche de Chlamydia négative ;
  • une recherche de gonocoque négative ;
  • une recherche de Trichomonas négative.

Le laboratoire indique également la présence d’assez nombreux lactobacilles.

Les lactobacilles sont de bonnes bactéries naturellement présentes dans le vagin. Ils participent à la protection de la flore vaginale en produisant de l’acide lactique et en maintenant un environnement acide.

Ils ne correspondent pas à la glaire cervicale. La glaire est un mucus produit par le col de l’utérus, tandis que les lactobacilles sont des bactéries protectrices appartenant au microbiote vaginal.

Après mon antécédent d’endométrite traité l’année dernière, recevoir un résultat aussi rassurant représente un véritable soulagement.


La différence de coût entre la France et le Portugal

En France, une FIV avec don d’ovocytes peut être prise en charge par l’Assurance Maladie lorsque les conditions médicales et administratives sont remplies.

Le reste à charge médical peut donc être très faible, voire nul, hors dépassements éventuels et frais de déplacement.

Pour une patiente vivant en Martinique, il faut cependant prendre en compte les billets d’avion vers la métropole, l’hébergement, les repas et les déplacements locaux.

Selon le nombre de séjours nécessaires, ces frais pourraient représenter environ 1 500 € à 4 000 €.

Au Portugal, le coût médical est beaucoup plus élevé.

Avec la formule Standard de Ferticentro, le budget global pourrait être estimé à :

  • 10 800 € à 12 800 € en cas de réussite après le premier transfert ;
  • 12 450 € à 14 450 € si un transfert supplémentaire est nécessaire ;
  • davantage en cas d’examens génétiques, de nouveaux déplacements ou de prestations supplémentaires.

Le Portugal présente néanmoins certains avantages, notamment des délais généralement plus courts et des formules prévoyant un nombre minimal de blastocystes.


Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront importantes.

J’attends désormais :

  • la réponse de la CGSS concernant ma demande de prise en charge ;
  • le certificat médical du centre de PMA français ;
  • l’avis définitif de l’équipe de PMA sur la possibilité d’utiliser mes propres ovocytes ;
  • la consultation avec Ferticentro au Portugal ;
  • les derniers résultats du bilan de fertilité de mon mari.

Continuer à avancer

Ce parcours m’a appris qu’en PMA, rien n’est totalement linéaire.

Chaque examen apporte son lot de questions, de doutes, d’espoir et parfois de déception.

Il faut apprendre à accueillir les mauvaises nouvelles sans perdre de vue les possibilités qui restent ouvertes.

Aujourd’hui, je continue d’espérer.

Peut-être qu’une stimulation avec mes propres ovocytes sera encore envisageable. Peut-être que le don d’ovocytes au Portugal deviendra la prochaine étape de notre histoire.

Une chose est certaine : tant qu’il existera une possibilité raisonnable de réaliser notre projet parental, nous continuerons à avancer, étape après étape.

Merci à toutes les personnes qui prennent le temps de lire ces lignes et de nous accompagner par leurs messages. Ce soutien compte énormément dans un parcours aussi long et éprouvant.

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